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Tirer au Sniper, c’est quand même plus simple à la souris

Parmi les critiques souvent émises contre les jeux vidéo (et dans une moindre mesure les films) figure le caractère éducatif de ceux-ci. On ne condamne évidemment pas Adibou mais plutôt les nombreuses moutures de Call of Duty, Battlefield, autrement dit : tous les FPS, TPS, acronymes en S, ever. Nos enfants apprennent à devenir des machines de guerre à travers les cadeaux qu’on leur offre à Noël ! Même Breivik a reconnu s’être entrainé sur World of Warcraft ! Revenons aux vraies valeurs et aux jeux en bois !

“Mère, j’ai 17 ans maintenant, 17 ans ! Et puis il n’y a même pas d’étriers…

Ce serait sans doute une inquiétude légitime si cela n’était pas aussi risible. En réalité, il est assez évident qu’Hollywood et Activision nous servent clichés sur clichés et que leurs productions reposent autant sur la réalité que le physique de Casimir repose sur des études archéologiques universitaires.

Ces travaux ont été déclarés non canons par la société française d’archéologie

Penchons nous sur le cas des Snipers, ces tireurs d’élites qui évoluent en petits groupes, affublés de redoutables fusils de précision. Vraiment, on a bien du mal à comprendre tout le mythe qui entoure ces soldats…. si “élite” veut dire “planqué”, alors il n’aura jamais été aussi bien attribué ! Tout le monde sait qu’un sniper est simplement un individu suffisamment patient pour rester immobile dans un coin et aligner la grosse croix de son viseur (X) avec la tête des méchants (O), de presser la gachette et paf : pastèque. Si l’on respire calmement ça se fait sans problème. Et encore, cette partie “immobile” est largement sujette à interprétation, puisqu’il est tout à fait possible de tirer et de sauter en même temps si on est assez bon.

Evidemment, cette perception du métier de sniper (car oui, c’est un métier), est parfaitement erronée et les jeux incriminés devraient être sanctionnés pour ne serait-ce que réduire d’un poil la classe des vrais snipers de la réalité réelle. Nous parlons en fait de tirs effectués à des distances de plus d’un kilomètre et demi, le record (non-officiel) étant un coup au but porté à 2815 mètres de distance par un Australien en 2012. Deux kilomètres huit ! A cette distance les ennemis sont presque cachés par la courbure de la Terre ! La balle serait restée en l’air six secondes avant d’abattre un chef taliban. 6 secondes ! Vous rendez-vous compte ? Je vois à votre visage que ce n’est pas le cas. Je vous invite à compter vous même. Allez-y, je vous attends. Un… Deux…

J’ai eu le temps de faire un clafoutis. Quelqu’un en veux ?

Pour qu’une balle atteigne sa cible barbue, il ne s’agit donc pas simplement de tirer tout droit et de dire “frag”. Les snipers sont en général accompagnés d’un assistant et doivent réaliser des calculs très compliqués qui prennent en compte une foultitude de variables. Tout d’abord il faut intégrer la direction du vent et la résistance qu’il applique à la balle, ce qui impacte sa trajectoire aussi bien que sa vitesse. Il faut aussi avoir conscience qu’une balle, comme une tartine, est soumise à la gravité et tombe. On estime que le tir de Rob Furlong, un soldat Australien qui avait battu le précédent record du monde en 2002 à la suite d’un tir de 2430m, avait vu la balle chuter de plus de 75m avant d’atteindre sa cible. Autrement dit : Furlong visait probablement le ciel ou une chèvre innocente sur un flanc de montagne au moment de presser la gâchette.

Ressemble à un SDF ; docteur en mathématiques appliquées

En plus de ces deux variables fondamentales, il faut encore prendre en compte la température (qui influe sur la combustion de la poudre et la densité de l’air), l’altitude (une balle file plus vite à haute altitude), les caractéristiques du sniper utilisé, et même LA ROTATION DE LA TERRE.

Pour résumer, un sniper est en quelque sorte un super-soldat capable de hacker la physique pour en faire une arme meurtrière. Êtes-vous prêt d’une fenêtre en ce moment ?

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