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Frédéric-Guillaume Ier de Prusse

Frédéric-Guillaume Ier de Prusse a régné sur le territoire du même nom entre 1713 et 1740, et c’est grâce à lui que ce royaume a commencé à prendre de l’importance dans le jeu européen. Contrairement à son père, Frédéric Ier, qui dilapidait l’argent à droite à gauche, Frédéric-Guillaume fut un excellent gestionnaire qui entreprit de tailler radicalement dans les dépenses somptuaires. Il se servait lui-même ses repas, et il lui arrivait même de faire sa propre lessive. En bon commerçant, il mena la Prusse à la prospérité, et, passionné par l’armée, il la dota d’une redoutable puissance militaire. Il imposa aussi une loi qu’il pourrait être souhaitable de remettre au gout du jour : si un ministre ou un conseiller ne se présentait pas à une séance, il perdait six mois de salaire ; et la deuxième fois il était tout simplement remercié. Bref : pas de tire-au-flancs, et la Prusse va de l’avant.

J’ai moi-même (sans me vanter) pas mal participé à la gloire prusse de mon temps

Jusqu’ici, tout est bon. On pourrait même croire que j’ai été un peu dur de classer ce bon Frédéric-Guillaume dans la catégories des “dirigeants à avoir craqué leur slip”. Mais disons que pour l’instant je ne vous ai montré que la face non craquée (du slip).

Frédéric-Guillaume, aperçu ici déguisé en centaure

Tout d’abord, écartons ses menus problèmes avec son fils ainé, le futur Frédéric II de Prusse, dit Frédéric Le Grand, qu’il traitait comme un chien. Voulant en faire un militaire, il le réveillait tous les matins à l’aide d’un tir de canon. Le jeune Fritz se faisait battre s’il tombait de cheval ou portait des gants dans le froid, et même, parfois, sans aucune raison. C’est ce qui arriva pendant un séjour en Pologne où son père lui donna des coups de pieds, de poings, et le tira sur le sol par les cheveux juste avant une allocution en public où il dut apparaitre en sang. La classe. Fritz essaya bien de s’enfuir en Angleterre avec la complicité d’un de ses amis, mais ils furent arrêtés, et le complice, décapité devant ses yeux. Fritz faillit lui-même être exécuté pour trahison. Mais il s’agit là de problèmes personnels, n’est-ce pas ? Aussi dramatique que cela soit, des pères violents, il y en a toujours eu.

“You think you’re tough ?”

Deuxième petite anecdote : Frédéric-Guillaume est aussi connu pour le traitement réservé à Jacob Paul von Gundling, d’abord historien officiel de la cour, puis président de l’Académie des Sciences et des Lettres de Berlin. Voyez-vous, si le roi était fort investi dans tout ce qui était militaire, au contraire il méprisait les choses de l’esprit, et Jacob devint l’équivalent d’un bouffon. Le roi et ses sbires lui firent littéralement vivre un enfer. Il arrivait au pauvre homme de retrouver des ours dans son appartement, d’être jeté dans des douves gelées, ou bien on lui confiait un singe qu’il devait traiter comme son fils. Le savant essaya lui aussi de s’enfuir, à plusieurs reprises, mais sans succès. A cause de toute ces pressions, Gundling se mis à boire et contracta un ulcère à l’estomac qui finit par l’emporter. Le roi le fit enterrer… dans un tonneau.

Pour protester, les gens ont manifesté en sous-vêtement. Parce que !

Non, là ou Frédéric-Guillaume se distingue vraiment, c’est dans son obsession pour les hommes grands. Pas les “grands hommes”, non : les “hommes grands”.

En effet, Frédéric-Guillaume s’était constitué un régiment spécial appelé “les géants de Potsdam“. Non content de chercher des éléments parmi ses sujets, il dépêchait aussi des recruteurs dans l’Europe toute entière. En cas de refus, la question était réglée par un kidnapping. Quand les rois des pays voisins ont commencé à râler parce que Frédéric-Guillaume violait très clairement leur territoire, celui-ci décida de lancer un programme pour faire se reproduire entre eux les géants qu’il possédait déjà. Inutile de dire que ce fut lent et peu efficace.  Pendant ce temps là, en dépit de salaires supérieurs à la moyenne, les membres du régiment essayaient par tous les moyens de s’enfuir ou de se suicider.

Entre deux parties de basketball

Frédéric-Guillaume avait la réputation de détester le principe des “maitresses”, et a par conséquent toujours été fidèle à sa femme. Cela dit, il n’est pas exclut qu’il refoulait quelques tendances homosexuelles… Trop attaché à ses géants, jamais il ne se risqua à les envoyer au combat. Il adorait aussi faire leur portrait, à tous, et quand il était malade ou un peu déprimé, il les faisait défiler dans sa chambre par centaines. Au garde à vous ? Nul n’a voulu répondre à cette question cruciale.

On va partir du principe que oui

Alors, vous voulez toujours le faire devenir Président de la République ?

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